Lucas a sept ans. Au départ c’est à la visite de la PMI à l’école qu’on nous a dit que ce serait bien de consulter pour lui. Moi je trouvais qu’il était encore petit pour ça à l’époque mais mon médecin traitant m’a bien expliqué que les séances d’orthophonie pouvaient débuter même chez les petits et on y est allé. Lucas, c’est mon premier enfant, je l’ai eu jeune. Ma famille habite loin et heureusement que ma belle-mère m’a bien aidée quand il est arrivé car j’étais un peu perdue pour savoir comment faire avec un bébé. C’est elle qui m’a expliqué que le père de Lucas a eu, lui aussi, du mal à parler étant petit.
Lucas a mis longtemps à faire ses nuits tout seul vu que je dormais avec lui quand il était malade  mais depuis le CP c’est bon. Il a été opéré des oreilles et maintenant il entend bien. Mais quand il est rentré en maternelle, il ne disait que « papa », « maman » et « du pain ».
L’orthophonie a commencé deux fois par semaine et il aime toujours bien y aller. Le médecin fait des ordonnances pour renouveler et l’orthophoniste dit que ça va être long et nous a expliqué qu’il avait une dysphasie qui pourrait entraîner une dyslexie, du coup, je m’inquiète, il a fait des progrès mais quelqu’un qui ne le connait pas par exemple a encore du mal à le comprendre.

Il a une AVS en classe avec lui. La psychologue scolaire est passée, elle nous a dit qu’il est normal. Il va passer au CE1 et la maitresse nous a parlé de la classe ULIS au cas où ce serait trop dur pour lui d’aller au CE2 ; j’ai peur qu’il aille dans une classe comme ça.

L’orthophoniste a commencé à lui apprendre à lire quand il était encore en maternelle, j’ai trouvé ça bizarre puisqu’il ne parlait même pas encore bien mais elle m’a dit que ça allait l’aider et que ça permettait de prendre un peu d’avance au cas où il aurait du mal à lire. Elle a bien fait car on a vu les progrès. C’est surtout les gens qui ne le voient pas souvent qui nous le font remarquer. 

Il a une petite sœur de deux ans qui ne parle pas beaucoup, j’ai peur qu’elle soit pareille que son frère…

La psychologue a confirmé que Lucas est un garçon tout à fait intelligent.

L’orthophoniste – conformément à ses compétences et aux obligations légales – a posé son diagnostic. Il s’agit donc d’un trouble spécifique et développemental expressif (appelé aussi « dysphasie phonologique-syntaxique» même si ce terme commence à être dépassé. Cela signifie qu’il a du mal à s’exprimer parce qu’il a des difficultés à discriminer les sons (comme s’il était « daltonien » des sons)  même s’il entend bien, il a du mal à construire des phrases, c’est pour cela qu’il confond encore masculin et féminin, qu’il se trompe sur les conjugaisons et qu’il a du mal à raconter sa journée d’école par exemple.

Ce sont des troubles bien connus des orthophonistes et les soins que reçoit votre fils correspondent à ce dont il a besoin. Les progrès peuvent être lents, surtout si le trouble est important, ce qui semble être le cas de Lucas. Il faut continuer d’être régulier dans le suivi qui risque d’être long.

Il est vrai que les troubles du langage oral peuvent se répercuter sur la lecture et l’orthographe puisque l’enfant aura aussi du mal à trouver les sons pour lire et pour écrire, c’est un phénomène assez fréquent.

Et c’est pour cela qu’apprendre à lire aux enfants qui ont ces difficultés est très recommandé.

Ce sont des troubles souvent héréditaires mais sans que cela soit automatique. Si la petite sœur de Lucas présente un retard d’apparition du langage, il faut en parler à l’orthophoniste qui saura vous conseiller pour elle aussi.

Solutions

  • Continuer d’être régulier dans le suivi orthophonique et être patient.
  • Il faut prendre contact avec le médecin de l’Education nationale pour l’informer des troubles de Lucas et voir si des aménagements scolaires sont nécessaires.
  • En fonction de ses résultats scolaires et de son évolution, ce n’est pas certain, mais il faudra peut-être envisager une orientation spécifique de type ULIS : à discuter avec l’équipe éducative, cela ne relève pas de la compétence de l’orthophoniste.
  • Le rassurer et prendre le temps de lui expliquer que ce qu’il a est gênant mais pas grave.
  • A la maison, lui donner des consignes simples, avec une chose à faire à la fois et faire attention de ne pas le mettre en permanence en situation d’échec.
  • Continuer à lui raconter et lui lire des histoires pour que le langage reste un plaisir.