Comment a-t-on repéré Charlotte ?

En classe, Charlotte finit son travail longtemps avant les autres, gigote et perturbe les autres élèves.
Charlotte vient de faire un bilan psychologique à l’école sur les conseils de son enseignante. La psychologue l’a évaluée en bilan et a reçu les parents en entretien. Les tests montrent des résultats très supérieurs aux enfants de son âge avec un profil de « Haut Potentiel ».

Haut Potentiel = problèmes scolaires ?

La maman de Charlotte s’inquiète : « J’ai regardé sur internet, surtout sur des forums spécialisés de parents qui évoquent un vrai parcours scolaire du combattant pour ces enfants et pour lesquels il faut souvent plusieurs spécialistes en raison de tous les troubles cumulés : dyslexie, TDAH, etc.

À la lecture de tout cela, franchement je m’inquiète et je ne sais pas qui consulter en premier. Heureusement pour l’instant, Charlotte est une petite fille joyeuse et équilibrée, elle me semble aller très bien, se fait facilement des copines et ne se plaint jamais de l’école.  Alors par quoi ou par qui commencer ?»
Comme beaucoup de parents en France, la maman de Charlotte s’interroge sur ce concept « d’enfant surdoué » et s’inquiète.

Qu’est ce que le Haut Potentiel ?

La lecture d’informations sur internet est à prendre avec prudence. Les auteurs sont le plus souvent inconnus et leurs enfants parfois auréolés de capacités supérieures sans même avoir jamais passé de test.
L’étiquette parfois trop vite posée d ‘« enfant à Haut Potentiel » serre de fourre-tout pour expliquer des problèmes qui n’ont parfois rien à voir.
Bien sûr, ces enfants aux capacités supérieures voire très supérieures existent mais ils ne sont pas pour autant « les nouveaux damnés de la terre » comme on peut le lire ou l’entendre parfois. La réalité est bien différente.

Le Haut Potentiel n’est pas un trouble, ni une maladie, ni un handicap. Il ne relève pas d’un quelconque « diagnostic ». C’est un potentiel qui ne représente qu’une partie de l’individu sans pouvoir en déterminer sa globalité. Aucune généralité n’est à conclure d’emblée.

Qu’est ce que le Quotient Intellectuel (QI) ?

Les tests psychométriques ont été créés voilà plus de 100 ans pour évaluer l’adaptation scolaire des enfants et, à ce jour, ces test de « QI » restent les meilleurs prédicteurs de réussite scolaire.

Le test psychologique est utile pour « mesurer » les capacités globales. Il permet aussi d’évaluer l’homogénéité du fonctionnement de l’enfant et de déceler d’éventuels marqueurs de troubles qui ne sont pas systématiques.

Le fait d’être « à Haut Potentiel » n’est qu’une partie de la personnalité de l’enfant et ne détermine pas systématiquement le même parcours pour chacun d’entre eux. Comme tous les enfants, les enfants surdoués peuvent présenter aussi des troubles dans les apprentissages et/ou des troubles psychologiques mais aucune étude internationale n’a, à ce jour, montré que le risque était plus élevé chez ces enfants-là spécifiquement.

Que proposer à Charlotte ?

Aucune plainte n’est relevée dans le comportement de Charlotte pas plus dans ses résultats scolaires. Elle semble bien grandir, s’épanouir dans ses apprentissages et dans ses relations de manière harmonieuse. Il convient donc juste de veiller sur son développement. Aucun bilan n’est à prévoir pour le moment.

Et si des difficultés apparaissent ?

Dans le cas où cette enfant présenterait dans le futur des troubles associés (c’est-à-dire « comorbides ») de l’attention, des apprentissages (lecture, orthographe, calcul) ou psychologiques (anxiété). Le plus simple sera de consulter un médecin traitant qui pourra conseiller les examens nécessaires. Les troubles de l’attention et l’anxiété sont évalués chez le psychologue. Les troubles des apprentissages sont évalués chez l’orthophoniste.

Des solutions pratiques ?

  • Le saut de classe peut être envisagé selon les conseils de l’équipe enseignante mais cette décision doit être prise également avec l’accord de Charlotte. Il est essentiel qu’elle comprenne bien les conséquences.
  • Un saut de classe partiel pour une discipline ou une matière spécifique.
  • L’approfondissement individualisé des notions abordées à l’école.
  • Un « compactage » des notions (moins d’exercices) qu’elle maîtrise facilement afin de dégager du temps pour en aborder d’autres plus complexes.
  • Différencier les contenus en travaillant de manière transversale : choisir le thème de la lune par exemple permet d’aborder simultanément des domaines tels que les sciences, les arts, l’histoire.


Ces solutions sont des propositions si le besoin se fait sentir. Leur mise en place se fera d’un commun accord avec l’équipe enseignante, les parents et l’enfant. Retrouvez le vademecum de la scolarisation de l’enfant Haut Potentiel à télécharger dans les actualités d’Allo Ortho.

Contrairement à certaines idées reçues en France, le fait d’être surdoué, à Haut Potentiel n’a rien d’une malédiction qui engendrerait d’emblée un échec scolaire. La plupart des enfants surdoués ne savent pas qu’ils le sont et vont très bien.
Certes, comme tous les autres enfants, ils peuvent, ni plus ni moins que les autres enfants, présenter des difficultés psychologiques et/ou des troubles au cours de leur développement.
Il convient donc pour eux aussi d’être vigilant et d’effectuer les examens nécessaires mais qui n’ont pas lieu d’être proposés quand l’enfant va bien.