Selon une enquète JNA, (journée nationale de l’audition) plus de 50 % des jeunes ont connu ce phénomène après un concert ou une soirée en discothèque. Ils sont heureusement le plus souvent transitoires (le bourdonnement finit par passer) pour une première exposition mais il signifie que l’oreille a été endommagée définitivement.

Quels sont les niveaux de bruits et à partir de quand sont-ils dangereux ?

Le niveau de bruit est mesuré en décibel. La dangerosité du bruit ne dépend pas de sa qualité mais de sa puissance. En effet, les niveaux sonores élevés et durables n’existent pas à l’état naturel. L’oreille ne supporte donc pas pendant de longues périodes des sons forts.

Le risque auditif apparaît dès 85 dB c’est à dire le bruit d’un klaxon ou d’un moteur de tondeuse à gazon, mais à ce niveau, les dégâts apparaissent après plusieurs années.
Au delà de 85dB plus le niveau est élevé et plus le risque est grand et plus la dégradation rapide.
A titre d’exemple, la puissance maximale pour le volume de la musique au casque est de 90dB, la même puissance sonore qu’un marteau piqueur.
La musique dans un concert ou une discothèque peut aller jusqu’à 105dB et parfois plus en extérieur.

Comment le bruit endommage t-il l’oreille ?

L’oreille est composée de 3 parties :

  • l’oreille externe (conduit auditif et tympan)
  • L’oreille moyenne (chaîne des osselets)
  • et l’oreille interne, où les ondes sonores sont transmises au nerf auditif par des milliers de minuscules cils.

Or ces cils sont très fragiles et si les ondes sonores sont trop fortes, elles peuvent les endommager.
Mais ces cils ne se réparent pas et ne repoussent pas. Si les expositions à la musique trop forte se répètent, les cellules ciliées abîmées sont tellement nombreuses que les ondes sonores ne sont plus transmises au nerf auditif. L’audition est alors abîmée définitivement.

Comment se manifestent les troubles auditifs suite aux traumatismes sonores ?

Ils peuvent se manifester de 3 façons : la surdité, les acouphènes et l’hyperacousie

  • La surdité peut toucher tous les sons ou dans un premier temps seulement les sons aigus. Dans ce cas, on entend toujours mais on comprend de moins en moins bien lorsque les autres nous parlent.
  • Les acouphènes sont des sons perçus par l’oreille interne altérée en l’absence de source sonore. Il s’agit souvent de bourdonnement ou d’un sifflement.
  • L’hyperacousie signifie que les sons sont perçus comme plus forts qu’ils ne le sont réellement : les sons forts et les ambiances bruyantes sont difficiles à supporter.

Comment éviter les traumatismes sonores quand on écoute de la musique ?

  • Ne pas écouter la musique au casque ou sur des enceintes à plein volume ou pendant trop longtemps.
  • Dans les concerts s’éloigner des enceintes et se munir de bouchons d’oreilles.
  • L’écoute prolongée est plus dangereuse : Faites des pauses sonores en vous éloignant des haut parleurs ou en allant dans une pièce plus calme. Il est essentiel de consulter régulièrement un ORL pour surveiller votre audition.

Que faire après un traumatisme sonore ?

Juste après le traumatisme sonore, vous pouvez consulter un médecin aux urgences qui prescrira un traitement pour tenter de limiter la perte auditive.
À distance du traumatisme sonore ou en cas d’exposition répétée, la guérison n’est plus possible.

Il faut cependant consulter un ORL qui pourra prescrire un appareillage auditif pour la déficience auditive. Pour les acouphènes et l’hyperacousie, l’objectif aura pour but de mieux les supporter grâce à un accompagnement psychologique ou de la sophrologie.
L’orthophonie pourra être prescrite en cas de perte auditive, dans un deuxième temps, lorsque le patient sera appareillé. Les séances lui permettront d’associer les sons entendus et de les comprendre. Apprendre à lire sur les lèvres pour améliorer la compréhension des mots entendus avec l’appareillage sera également un objectif de rééducation, si le patient le souhaite. Cette aide permettra d’augmenter la compréhension chez les patients appareillés.