Parler aux enfants

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Il ne faut pas croire ceux qui disent que ce n’est pas nécessaire de parler à un enfant tant qu’il ne parle pas. Au contraire, il faut parler aux bébés. J’ai commencé à entendre la voix de maman quand j’étais encore dans son ventre. Dès les premiers jours après ma naissance, je reconnais sa voix et cela me rassure de l’entendre.
Et puis les grandes personnes ont une façon bien à eux de parler aux bébés et aux petits enfants. Tout au long de la journée, cela m’en fait des possibilités de bien traiter leur parole. Plus elles me parlent souvent, mieux c’est. Elles se mettent à ma hauteur, face à moi, le visage dans la lumière. Elles me parlent de ce qui se passe ici et maintenant. Elles ne parlent pas trop vite. Ils mettent de la musique dans leurs phrases. Elles laissent du temps entre deux phrases pour que j’aie le temps de les assimiler et de répondre. Elles font des phrases courtes et bien construites. Ils utilisent des mots simples, en me montrant du doigt en même temps. Elles font des mimiques et des gestes. J’adore ! Comme cela je comprends mieux ce qu’on me dit. Je reconnais plus facilement les mots. Parce que si elles me parlaient comme elles parlent à mon grand frère ou à ma grande sœur, ça va trop vite, c’est tout plat.
Même plus grand, ou si je mets du temps pour bien parler, c’est bien de continuer à me parler de cette façon-là. Cela m’aide et me fait faire des progrès. Il y a même des chercheurs qui ont écrit des articles sur cette façon de parler. Ils l’appellent le « parler nourrice ». Ils expliquent combien c’est utile de parler comme cela aux enfants. Qu’ils soient en difficultés pour le langage ou pas. Ils disent que ça aide à découper ce qu’on entend en phrases et en mots. À reconnaître les sons et à faire la différence entre eux. À mieux comprendre et du coup à mieux parler.
Si la personne qui me nourrit et me donne les soins parle une autre langue que le français parce qu’elle vient d’un autre pays, d’une autre culture, c’est bien qu’elle me parle dans sa langue maternelle. Elle est à l’aise dans cette langue. C’est facile pour elle d’y mettre de l’intonation (de la musique), de bien prononcer. Ses mimiques vont bien avec les mots qu’elle dit. Elle me chante des petites chansons de son pays, cela me berce. Et mon cerveau peut faire tout ce qu’il a à faire pour prendre des repères dans une langue. Et il sait comment faire ensuite avec le français. Le français, je l’entends à la garderie, à l’école, avec la nounou…