Histoires

J’aime beaucoup les histoires, celles qu’on me raconte et celles que je raconte.

Il y a les histoires pour du vrai.

Celles qui parlent de la vie de tous les jours, la promenade, le goûter, la sortie au parc, un anniversaire… Je me reconnais dans la petite fille ou le petit garçon de l’histoire, l’enfant lapin ou le bébé ours. Ce qui est raconté dans ces histoires m’apprend des choses. Je me rends compte que, dans ma vie, il y a des scénarios comme dans les films. Avec un début et une fin. Des choses qui en entraînent d’autres. Des façons de faire qui sont les mêmes pour tous.

Papa ou maman, grand-père ou grand-mère peuvent aussi me raconter leur histoire, celle de quand ils étaient petits. S’ils me montrent des photos, c’est rigolo de voir comment ils étaient habillés quand ils avaient mon âge. C’est intéressant de voir les maisons et la nature de là où ils habitaient, s’ils viennent d’un autre pays. Je comprends que des fois, ils n’aient pas envie d’en parler. Je leur demanderai quand je serai plus grand(e), j’ai besoin de savoir.

Il y a les histoires pour du faux.

Celles qui ont été inventées (les contes et les légendes) : ‘Il était une fois…’. Il y a un personnage principal (c’est le héros). Il va lui arriver plein d’aventures. Il va partir à la recherche d’un trésor ou d’un objet magique. Il va devoir se débarrasser des méchants ou de monstres. Heureusement il va être aidé par les gentils. Et l’histoire va bien se finir. Avec ces histoires là, je découvre qu’il a des qualités (le courage, la gentillesse, le sens de l’effort …) et des défauts (la méchanceté, la jalousie, la paresse…). Cela me fait réfléchir et me fait grandir dans ma tête.

Il y a les histoires que je raconte.

Celles qu’on me demande de raconter. ‘Qu’est-ce que tu as fait à l’école / chez papa / chez maman ?’ / ‘Qu’est-ce que tu as mangé à cantine ?’ / ‘Qu’est-ce qui c’est passé au parc ?’…Tant que je n’ai pas 3 ou 4 ans, c’est difficile de raconter ce qui s’est passé ailleurs et à un autre moment. Je n’ai pas encore assez de langage et de mémoire pour le faire. Mais si quelqu’un a pris une photo de l’événement, alors c’est plus facile de raconter à partir de la photo.

Celles que je raconte quand je joue à faire semblant avec la poupée, les personnages et les animaux. Souvent je rejoue des scènes de ma vie. Quand on a dû emmener le petit frère chez le docteur, quand papa et maman discutent ou se disputent…

Celles que j’invente. Là je m’aide avec les histoires des livres qu’on m’a racontées.

J’aime bien qu’on me raconte plusieurs fois la même histoire et je la réclame. Papa ou maman décide de me raconter son histoire ou la mienne quand j’étais petit. Ou il raconte l’histoire du petit chaperon rouge qu’on lui a racontée quand il était un enfant.

Ou il raconte une histoire à partir d’un livre. Là il me montre du doigt sur les images et explique. Il me fait dire ce qui se passe sur l’image. Ou il me dit ce qu’il imagine lui. On ne voit pas toujours la même chose alors on en discute. Raconter des images c’est déjà raconter une histoire même si on ne lit pas le texte.

Après il me lit le texte. Les premières fois, s’il y a des mots difficiles, il me les explique. S’il y a des phrases compliquées, il les simplifie. Des phrases longues, il les raccourcit ou les coupe en deux. Après il lit le texte écrit sans rien changer au texte.

Et on reprend ce même livre et cette même histoire, plusieurs jours de suite. Petit à petit, je la connais bien. Je me souviens de ce qui s’y passe, dans quel ordre. Je sais ce qui va arriver après. Il ne faut pas que l’adulte change un épisode, ou je râle. J’apprends ainsi plein de mots un peu plus compliqués que ceux que l’on dit tous les jours. Et des tournures de phrases que je pourrai réutiliser dans les histoires que j’invente. Et je les reconnaîtrai dans les textes quand je saurai lire.