Imiter

Un enfant imite. Il sait faire ça de naissance, pas besoin de lui apprendre. Moi, je suis fait(e) pour ça.

Dès les premiers mois, je sais imiter les mimiques et les gestes des grands qui se penchent vers moi.

Puis vers 5 / 6 mois, j’ai commencé à imiter les sons qu’ils font avec leur bouche. Et très vite la chanson du langage. Puis après la fin des mots et les mots eux-mêmes.

Quand j’ai su marcher, j’ai imité leurs actions en faisant semblant de boire, de balayer, de taper avec un marteau, de téléphoner…

Quand on joue, avec les autres enfants, on s’imite les uns les autres.

Après j’imite les grands aussi en faisant semblant d’écrire.

Dans toutes les occasions maintenant, j’essaie de faire pareil que mes frères et sœurs, mes copains et copines, les adultes. Je fais pareil, tout pareil, sans rien changer. Des fois j’imite en changeant un petit quelque chose pour voir comment ça fait… Je le fais tout de suite après le modèle qu’ils m’ont donné. Ou alors j’attends un peu et je refais plus tard parce que j’ai tout gardé dans ma tête.

En fait c’est parce que j’ai fait pareil que les autres que petit à petit j’ai tout intégré. Que je peux maintenant faire de moi-même. Et inventer des nouvelles choses. C’est ce qui se passe pour le langage. Au début j’imite exactement les mots et les petites phrases que j’ai entendus. Par exemple ‘mange la soupe’, je l’entends tous les jours, alors je le redis. Puis je me rends compte qu’on peut dire aussi ‘mange le gâteau’ ou ‘mange la banane’. Alors je me lance et je fais plein de nouvelles phrases avec ‘mange’. Et voilà que je constate qu’on peut remplacer ‘mange’ par ‘donne’ ou un autre verbe. Et cela fait encore des nouvelles phrases comme ‘donne le gâteau’ mais aussi ‘donne la balle’ ou ‘lance le ballon’. C’est super !

Papa ou maman, un adulte, ils m’ont montré que c’est important d’imiter. Ils ont imité ce que je fais : mes mimiques, mes gestes et mes actions. Et ce que je dis : les sons, les mots, les phrases. Quand ils font cela, je suis tout de suite attentif. Je sais qu’ils s’intéressent à moi, qu’ils suivent mes intérêts. Cela me donne encore plus envie de faire comme eux. D’ailleurs ils m’encouragent à le faire. On fait des concours de grimaces ou de mimes. On s’amuse à dire des mots et des comptines. Ils jouent avec moi à faire semblant.

A la garderie, il y a un petit enfant qui n’imite pas de lui-même. Ou quand il refait quelque chose, il ne sait pas s’arrêter et il refait ça tout le temps mécaniquement. Ou il répète toujours la même phrase. Ce n’est pas drôle pour lui. Mais quelqu’un peut l’aider. Ses parents en ont parlé au médecin sans attendre. J’ai appris qu’il va dans une consultation pour jeunes enfants avec différents spécialistes. Et chez un orthophoniste.