Il est durable et persiste donc à l’âge adulte, même si la personne qui en souffre a souvent mis en place des moyens de compensation efficaces, seul ou grâce à une prise en soin orthophonique. Mais certains de ces moyens peuvent s’avérer coûteux au niveau cognitif (et parfois aussi au niveau financier) ; il est donc important de connaître les aides existantes pour que ce trouble ait le moins d’impact possible au cours de la scolarité et après.

Les dispositifs officiels dans le cadre scolaire

Des aides pédagogiques adaptées peuvent être mises en place dès les premières années d’école primaire, lorsque l’enfant rencontre des difficultés importantes et durables dans l’apprentissage du langage écrit. Il existe des dispositifs officiels qui permettent des adaptations pédagogiques et un suivi coordonné entre les enseignants, les familles et les intervenants extérieurs tels que les orthophonistes, ergothérapeutes, neuropsychologues…Selon s’il y a reconnaissance ou non d’un handicap par la MDPH (maison départementale de la personne handicapée), l’enfant peut bénéficier d’un plan d’accompagnement personnalisé (PAP), d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS), d’un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE). En fonction de ses besoins, un PPRE peut évoluer en PAP par exemple. Ces différents dispositifs permettent de poser de manière formelle et officielle les aménagements qui seraient bénéfiques à l’élève. En cas de demande MDPH, chaque dossier est étudié individuellement et les aides accordées dépendent de nombreux paramètres (retentissement fonctionnel, projet scolaire, matériel déjà disponible, ressources familiales…). Les décisions peuvent donc varier considérablement d’une situation à l’autre. En cas de trouble important, l’attribution d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) peut être demandée.

Ces aménagements peuvent consister en :

  • La reformulation de consignes qui vont être simplifiées ou détaillées étape par étape
  • La réduction de production d’écrits au profit d’un système de photocopies ou d’envoi numérique des leçons
  • La mise à disposition de supports adaptés comme des formats de feuilles plus grands ou avec moins d’éléments
  • L’utilisation d’une police d’écriture plus simple
  • Un temps supplémentaire pendant les évaluations ou la possibilité de les faire à l’oral
  • Des exercices à trous ou des QCM pour réduire la quantité d’écrits à produire
  • L’utilisation d’un ordinateur, d’une tablette
  • L’absence de pénalisation de l’orthographe dans les matières autres que le français
  • Une aide à la lecture

Les aménagements pour les examens

Une fois au collège, l’élève présentant un trouble du langage écrit a des examens à passer : Diplôme National du Brevet, baccalauréat, CAP, BEP… Là aussi, il peut bénéficier d’aides spécifiques en en faisant la demande auprès du médecin scolaire, dans les délais qui sont fixés (généralement plusieurs mois avant la date de l’examen).
Dans l’enseignement supérieur, il existe dans chaque établissement un service dédié, appelé Service d’Accueil des Étudiants en Situation de Handicap (SAEH) qui s’occupe de gérer les demandes d’aménagements et leur organisation.
Au collège, au lycée comme dans le supérieur, ces aménagements sont similaires à ceux disponibles à l’école primaire, dépendants des besoins spécifiques du demandeur et des aménagements dont il dispose déjà. Souvent, un tiers-temps supplémentaire est demandé mais il peut également s’agir de :

  • L’attribution d’une aide humaine avec un secrétaire qui écrit sous la dictée de la personne et/ou qui l’aide à la lecture des consignes
  • L’utilisation d’un ordinateur
  • Documents fournis dans une police adaptée comme Arial ou Calibri
  • Des dictées à trous et la non-pénalisation des fautes d’orthographe

Ces aides sont précieuses puisqu’elles permettent aux évaluateurs de noter la qualité du contenu et non la forme. Pour l’élève, elles permettent de se concentrer sur l’essentiel, de diminuer la charge cognitive et préservent l’estime de soi car la note obtenue reflète ses réelles compétences.

À noter que ces aides peuvent aussi être accordées lors d’examens non scolaires, comme l’examen du code de la route ou les concours de la fonction publique, si la personne demandeuse est reconnue en situation de handicap.

Les aides numériques et technologiques pour la production écrite

À tout âge, de la primaire à l’âge adulte, les personnes présentant un trouble du langage écrit avec déficit en production écrite (dysorthographie) peuvent aussi bénéficier d’aménagements plus importants et adaptés au monde numérique actuel. Généralement, il s’agit d’outils de compensation à l’écrit, utilisables sur ordinateur, tablette ou téléphone. Si le trouble est tel que la prise en soin orthophonique et les aménagements pédagogiques mis en place demeurent insuffisants, des outils peuvent être proposés.

Il s’agit de logiciels de correction orthographique, de prédiction de mots ou une dictée vocale (speech to text). Ce type de logiciels dispose de nombreuses fonctions : correction d’erreurs, proposition orthographique, recherche de synonymes, reformulation de phrase ou encore aide lexicale pour trouver le mot le plus adapté. L’I.A. propose de nombreux outils et constitue un nouveau moyen d’aides et de compensations.
Ils permettent de contourner la difficulté orthographique en réduisant la possibilité de faire des erreurs. Mais aussi, ils accélèrent la rédaction et permettent ainsi de se concentrer sur la tâche à réaliser plutôt que sur sa forme.

Les aides numériques pour la lecture

Une personne présentant un trouble du langage écrit avec déficit en lecture (dyslexie) peut aussi obtenir des aides numériques pour l’aider dans ce domaine. Comme pour les autres aides, celles-ci sont attribuées en fonction des besoins et de l’importance des répercussions du trouble sur les apprentissages et la vie quotidienne. Parmi les aides existantes, il existe la synthèse vocale (=text to speech), les stylos scanners ou encore les livres audio.
Ces aides permettent de réduire la fatigue cognitive due aux efforts réalisés pendant la lecture (à voix haute ou à voix basse) et donc d’améliorer la compréhension écrite, la personne pouvant alors se concentrer sur le contenu de ce qu’elle doit lire.

Comment financer ces aides ?

Bénéficier d’aides numériques a un coût, puisque l’achat d’un ordinateur ou d’une tablette est nécessaire et les logiciels ou applications adaptés sont souvent payants. Mais il existe des aides financières, lorsque ce type d’aide est préconisé dans le cadre d’un PAP ou d’un PPS. Si la personne concernée a un dossier MDPH, la MDPH peut financer l’achat du matériel. Elle peut aussi octroyer une aide financière dont le montant varie en fonction des besoins et du niveau d’incapacité ; il s’agit de l’Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé (AEEH) pour les enfants. Certaines académies prêtent du matériel, dans ce cas, l’aide se fait par l’Education Nationale. Certaines associations d’aides aux dyslexiques-dysorthographiques proposent aussi des solutions de prêts de matériel ou d’aides à l’achat. Enfin, il est possible de bénéficier d’une déduction fiscale, ces dépenses étant liées à la présence d’un handicap.

Pour les adultes, d’autres prestations existent, selon le degré de handicap : Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) pour un handicap lourd, Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) pour les personnes pouvant exercer une profession, Prestation de Compensation du Handicap (PCH).

Les aménagements dans la vie professionnelle

Le trouble spécifique du langage écrit étant durable, il peut avoir des conséquences sur la vie professionnelle. Il est donc possible de demander des aménagements de poste à son employeur, avec l’intervention du médecin du travail. Ces aides peuvent consister, selon les besoins, en :

  • L’obtention de logiciels de correction orthographique et de synthèse vocale,
  • La mise en place d’un tiers-temps supplémentaire pour certaines tâches écrites,
  • La reformulation orale de consignes complexes,
  • La réorganisation de certaines tâches ou missions pour diminuer la surcharge cognitive.

La prise en charge orthophonique

Bien sûr, et quel que soit l’âge, une personne présentant un trouble spécifique du langage écrit, est en droit de bénéficier d’un suivi orthophonique. Le bilan orthophonique est réalisé lors de la première rencontre puis les séances sont remboursées à hauteur de 60 % par la Sécurité Sociale (90 % pour le régime spécial Alsace-Moselle), le reste par la mutuelle du patient, selon le type de contrat souscrit.
La prise en soin orthophonique peut se poursuivre et être bénéfique, même lorsque le patient a déjà de nombreux aménagements. L’orthophoniste peut aider à la maîtrise des aides numériques et mettre en place des moyens de compensation. Avec l’accord du patient, il peut entrer en contact avec les divers partenaires gravitant autour de lui (famille, enseignants, employeur…). Son rôle est alors d’expliquer les troubles du langage écrit, ses conséquences et l’intérêt de la mise en place des aménagements.

Dès le début de l’apprentissage du langage écrit et tout au long de la scolarité puis de la vie professionnelle, toute personne présentant un trouble spécifique du langage écrit peut bénéficier d’aides adaptées. Celles-ci évoluent en fonction des besoins et de la demande de la personne concernée. Il existe aussi des aides financières lorsque les aménagements nécessaires sont onéreux, comme un ordinateur et des outils numériques pour la lecture ou l’écrit.
Au-delà des aides matérielles et institutionnelles, le soutien et la bienveillance de l’entourage jouent un rôle essentiel dans la compensation des difficultés, le développement de la confiance en soi et le maintien d’une bonne estime de soi.

-PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) — destiné aux élèves présentant un trouble des apprentissages reconnu comme handicap ; élaboré avec la MDPH.
-PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) — pour les troubles des apprentissages sans reconnaissance de handicap.
-PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Éducative) — pour des difficultés scolaires, pas nécessairement liées à un trouble neurodéveloppemental.

Bibliographie

https://handicap.gouv.fr/toutes-les-aides-financieres-pour-le-handicap