Elle a du mal à comprendre les problèmes et ne sait pas toujours quelle opération utiliser pour les résoudre. Ses parents et son enseignant se disent qu’il faudrait qu’elle bénéficie d’aménagements pédagogiques spécifiques qui permettraient de mieux l’aider. Peut-être qu’un PAP pourrait lui être utile.

Différencier les difficultés d’apprentissage du trouble d’apprentissage

Il est courant, pour un enfant en plein apprentissage, de rencontrer des difficultés à un moment de sa scolarité. Par exemple, il peut avoir du mal à entrer dans la lecture ou à comprendre certaines notions de mathématiques. La compréhension des consignes ou d’un texte long peut aussi poser problème.

Différentes causes existent : une baisse de motivation, un contexte émotionnel ou familial difficile pendant une période ou tout simplement une leçon qui est plus difficile que les autres…
Souvent, ces difficultés sont transitoires et ne justifient pas un PAP. Il s’agit alors pour les adultes de se montrer vigilants et à l’écoute. D’abord, un temps d’observation est nécessaire et permet de repérer quelles situations sont problématiques pour l’enfant. L’enseignant peut alors proposer des ajustements et mettre en place des aides pédagogiques simples. L’intervention du RASED (Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté) peut aussi être demandée afin de travailler sur les lacunes constatées par l’enseignant ou sur l’aspect émotionnel et comportemental en lien avec les soucis scolaires.

Si les difficultés d’apprentissage sont temporaires, ces aides seront sans doute suffisantes.
En revanche, si, malgré les aides, l’enfant présente toujours des difficultés, il est possible qu’il présente un trouble neurodéveloppemental (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie…). Des bilans médicaux ou paramédicaux permettront de poser un éventuel diagnostic. Dans le cas d’Elsa, elle pourra bénéficier d’un bilan orthophonique de la cognition mathématique. Si le trouble des apprentissages avec déficit en calcul est diagnostiqué, un PAP lui sera sans doute utile.

Quand et comment mettre en place un PAP

Un PAP est envisagé et mis en place quand les difficultés scolaires persistent dans le temps et ont un impact sur les apprentissages, malgré les aides pédagogiques classiques. Ainsi, l’enfant a besoin de travailler plus que ses pairs pour obtenir des résultats corrects. Ou, alors qu’il travaille régulièrement et passe du temps à apprendre ses leçons, ses résultats scolaires ne sont pas à la hauteur des efforts fournis. Ou encore, il est fatigable, plus lent que les autres élèves et a du mal à suivre le rythme de la classe. Cela peut le décourager et entraîner une faible estime de soi et une démotivation.

En pratique, un bilan orthophonique est nécessaire pour la mise en place d’un PAP. En fonction du trouble de l’enfant, d’autres bilans sont réalisés (psychomoteur, neuropsychologique…). Le bilan peut mettre en évidence un trouble des apprentissages ou trouble du neurodéveloppement. Quand c’est le cas, le diagnostic posé amène souvent le médecin scolaire, ou l’équipe enseignante, à établir un PAP.

Toutefois, le compte-rendu de bilan rédigé par l’orthophoniste étant un document médical confidentiel, il n’a pas à être exigé pour un PAP. Une attestation de diagnostic est suffisante et l’orthophoniste a aussi la possibilité de remplir une grille d’impact résiduel. Cette grille explicite les difficultés de l’enfant selon les domaines. Elle permet au médecin scolaire et à l’équipe enseignante de proposer les aides les mieux adaptées à un élève présentant un trouble des apprentissages.
Le PAP repose sur un avis médical. Il ne s’agit pas d’une décision automatique de l’école, même quand c’est l’équipe enseignante qui l’établit.

À quoi sert le PAP ?

Le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) est destiné aux enfants qui présentent des difficultés scolaires durables, liées à un trouble des apprentissages diagnostiqué. Il peut s’agir d’un :
trouble spécifique des apprentissages avec déficit :

  • en lecture (anciennement appelé dyslexie),
  • en production écrite (anciennement appelé dysorthographie),
  • en calcul (anciennement appelé dyscalculie),
  • trouble de la coordination motrice (anciennement appelé dyspraxie),
  • trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)
  • trouble développemental du langage oral (anciennement appelé dysphasie)…

Il est possible et même assez fréquent de présenter plusieurs de ces troubles. On parle alors de comorbidité. Un enfant présentant un trouble avéré mais sans situation de handicap qui nécessiterait une reconnaissance par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut bénéficier d’un PAP. Il arrive à suivre en classe, a un niveau conforme à son âge mais est souvent plus lent et plus fatigable que les autres élèves.

Dans ce cas, le PAP permet à l’élève de bénéficier des aménagements pédagogiques les plus adaptés à sa situation. Souvent, il s’agit de lui :

  • donner un temps supplémentaire pendant les évaluations et les devoirs sur table, proposer des consignes adaptées, c’est-à-dire plus courtes, simplifiées et ne contenant qu’une seule information à la fois,
  • fournir des supports aménagés. Par exemple, pour un enfant présentant un trouble spécifique de la lecture (ou dyslexie), celui-ci pourra disposer de photocopies de plus grand format, avec une police de plus grande taille. Un enfant présentant un trouble de la production écrite (ou dysorthographie) pourra bénéficier de dictées à trous. Un enfant avec un TDA/H pourra disposer d’un casque anti-bruit.

De nombreuses autres mesures existent et sont listées dans un document spécifique créé par l’Education nationale. Elles sont adaptables en fonction du profil de l’enfant et de son évolution. Le PAP est valable tant que les difficultés persistent mais est revu une fois par an. Les aides peuvent alors être modifiées et ajustées, voire arrêtées si l’enfant a bien compensé son trouble. Au contraire, il est possible de remplacer le PAP par un autre dispositif si les apprentissages se compliquent.

Ces aménagements pédagogiques se font sans modification des objectifs scolaires: l’enfant reste dans la même classe et reçoit exactement le même enseignement que les autres élèves de sa classe. Mais sa vie scolaire est facilitée grâce à une charge de travail moindre et mieux adaptée à ses besoins.

Pourquoi ne pas mettre en place un PAP dès les premières difficultés ?

La mise en place d’un PAP n’est pas automatique, ni nécessaire. Il est indispensable d’attendre quelques mois et de proposer d’autres interventions avant de l’envisager. En effet, les difficultés observées en classe peuvent n’être que transitoires et se résorber en quelques mois, grâce à une aide pédagogique adaptée.

Créer un PAP est donc une procédure assez complexe qui intervient après d’autres aides pédagogiques. Si l’enfant ne présente pas de trouble mais de simples soucis scolaires passagers, il n’est pas pertinent de le mettre en place. De simples adaptations pédagogiques ponctuelles et bien ciblées sont suffisantes.

Dans le cas d’Elsa, puisqu’elle connaît des difficultés d’apprentissage des mathématiques depuis plusieurs années, un suivi pédagogique doit se mettre en place et un bilan orthophonique est pertinent. Il permettra de savoir si Elsa présente un retard ou un trouble des apprentissages. S’il s’agit d’un trouble, qui est donc durable, un PAP s’avérera pertinent.

Si l’enfant connaît des difficultés, il est possible qu’elles soient passagères : des aides pédagogiques ordinaires peuvent suffire en première intention. Il en est de même s’il a des difficultés isolées (par exemple, pour un point précis en mathématiques) ou récentes. Un suivi pédagogique adapté devrait permettre une remise à niveau des difficultés scolaires.
Si, malgré ces aides, les difficultés persistent, alors des bilans (orthophonique, psychologique, psychomoteur, neuropsychologique…) peuvent être réalisés afin d’identifier et diagnostiquer un trouble. Un PAP s’avère ensuite souvent pertinent pour aider l’enfant et le faire progresser dans ses apprentissages.
Mais, il ne faut pas oublier que chaque enfant évolue à son rythme. L’important est de s’adapter à lui et à ses besoins, l’observer et rester bienveillant.