Ils répètent 10 fois les mêmes choses, sans succès. Ils craignent ses excès de colère et sont eux-mêmes souvent dépassés par leurs émotions, deviennent colériques et le regrettent souvent. Ils sont lassés de ses oublis répétés, de ses retards et des ses explications souvent incompréhensibles. Ils alternent entre des réponses éducatives très strictes et du lâcher prise pensant apaiser l’ambiance à la maison. Tout est négociation…Comment les aider?

Quelles solutions ?

Avoir un enfant avec TDAH, c’est parfois décourageant. C’est pour cette raison que les parents cherchent des professionnels de santé capables de comprendre que leur enfant, aussi adorable soit-il, leur fait vivre une situation trop difficile à supporter seuls. Les règles éducatives doivent êtres claires et constantes mais surtout adaptées au fonctionnement particulier de leur enfant. Comprendre quelles sont ces règles, comment les mettre en place, qu’est ce que le TDAH, comment la personne fonctionne, cela s’appelle “la psychoéducation”.

La psychoéducation

Les préconisations de la Haute Autorité de Santé (l’HAS) proposent de mettre en place en premier lieu la psychoéducation de la personne avec TDAH et de son entourage (en général les parents). Des groupes spécifiques pour les parents existent, ils sont appelés Programme d’Éducation aux Habiletés Parentales (PEHP) les plus connus sont les groupes Barkley (nom d’un psychologue américain qui a développé ce programme). Des centres hospitaliers proposent d’autres types de programmes spécifiques au TDAH inspirés de celui de Barkley. Des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), des centres médicaux psychologiques (CMP), ou des professionnels en libéral peuvent également être formés pour cet accompagnement indispensable.

La question des médicaments

Si la psychoéducation et les autres soins (orthophonie, psychomotricité, psychothérapie) ne suffisent pas ou si les troubles liés au TDAH sont très importants, il sera prescrit un médicament en association avec la psychoéducation et les autres soins nécessaires. Depuis de très nombreuses années, il existe un traitement médicamenteux pour limiter l’impact des symptômes du TDAH. Les bénéfices des traitements visent à diminuer l’impact négatif du TDAH (sur les apprentissages mais aussi sur la construction psychique et sociale de l’enfant). Le traitement le plus commun en France est le méthylphénidate (Ritaline, Quasim, Médikinet, Concerta en sont des exemples).

Comment ça fonctionne ?

Le méthylphénidate favorise ce que l’on appelle la recapture des neurotransmetteurs au niveau des neurones du cerveau. Le traitement n’est pas « une drogue » et ne favorise pas la consommation future de drogues comme on peut encore l’entendre (c’est même plutôt le contraire). Comme tout traitement, il peut avoir des effets secondaires et donc une surveillance mensuelle chez le médecin traitant est nécessaire (poids, taille, moral, état général somatique). Ce traitement peut être arrêté du jour au lendemain sans sevrage, il peut être donné seulement les jours d’école, il peut être pris à vie selon les besoins de la personne ou selon son activité professionnelle.

Les bons réflexes

Car le TDAH ne disparaît pas avec l’âge. Par contre, les personnes apprennent à mettre en place des compensations efficaces qui leur permettent de mieux fonctionner dans leur environnement. Une bonne hygiène de vie alimentaire (repas équilibré, éviter les sucres et aliments transformés etc.) et de sommeil favorisent une meilleure adaptation de la personne avec TDAH et majorent l’efficacité des soins qui accompagnent le traitement médicamenteux.

Ce qui ne fonctionne pas

Les études actuelles n’ont pas fait preuve que le neurofeedback avait une efficacité sur le TDAH, ni les régimes alimentaires, ni l’absorption de certains éléments.

Que peut faire l’orthophoniste ?

Dans le respect des recommandations de bonne pratique, l’orthophoniste est qualifiée pour accompagner les familles sur la psychoéducation du TDAH. Elle peut en effet accompagner les familles et les patients à comprendre ce qu’est le TDAH, comment leur enfant fonctionne, proposer des aménagements scolaires et familiaux.
Elle peut également proposer des soins spécifiques comme la remédiation cognitive, particulièrement adaptée aux enfants et adolescents qui doivent mieux comprendre quelles stratégies et compensations seront efficaces à leur cas particulier. Elle peut également intervenir sur les fonctions instrumentales (langage, écriture, calcul) sur les fonctions mnésiques (stratégies pour mieux mémoriser), les fonctions attentionnelles (stratégies pour canaliser le bon canal d’attention et à quel moment).

Le premier traitement est la psychoéducation. Le traitement n’est pas automatique, mais cela peut être une perte de chance de ne pas y accéder car le TDAH intervient sur toutes les sphères de la vie et les apprentissages.
De nombreux conseils existent et ce sont des aides indispensables pour vivre sereinement avec un TDAH. Mais dans certaines situations, seule une adaptation personnalisée sera pleinement efficace.

Bibliographie

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3302482/fr/trouble-du-neurodeveloppement/tdah-diagnostic-et-interventions-therapeutiques-aupres-des-enfants-et-adolescents

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-09/tdah_enfant_recommandations_mel.pdf